Les leçons du prof Chery : Jean Pascal n’est pas fini

On a tendance à croire à tort ou à raison que des défaites face à l’élite de la division sonnent le glas de certains boxeurs et qu’ils entament leur période de faire-valoir. Dans le cas de Jean Pascal, ce commentaire est lancé sans aucune réserve par certains intervenants. Est-ce le cas selon moi? Le prof Chery tentera aujourd’hui de faire la démonstration que non. Mais qu’est-ce qu’un faire-valoir?

Pour mieux déterminer si Jean Pascal est un faire-valoir, il faut tout de même définir ce qu’est qu’un faire-valoir. Dans ma terminologie, on parlera d’un adversaire à la fiche perdante ou assez proche de 500 qui vise à soit garder un boxeur actif en lui donnant des rounds ou à le mettre face à certains styles ou obstacles qui malgré devraient être solutionné par le boxeur favori. Dans cette perspective, Jean n’est clairement pas un faire-valoir. Donc qu’est Jean Pascal à ce point de sa carrière?

Jean est clairement ce qu’on peut appeler en anglais un Fringe Contender. Soit un boxeur doté d’un certain talent et qui peut être dans les classements mondiaux sans toutefois battre l’élite de la division. Regardons cela d’un angle logique. À l’heure actuelle, croyez-vous qu’il peut battre Eleider Alvarez (on a déjà eu la réponse), Sergei Kovalev (même chose), Artur Beterviev, Adonis Stevenson ou même Oleksandr Gvozdyk et Dmitri Bivol? Si vous avez répondu oui à l’un de ces choix, éviter de parier de gros montants sur la victoire de Jean, vous vous eviterez des remords financiers. Cependant, c’est un boxeur qui peut rester compétitif dans les classements mondiaux face à des Joe Smith Jr., Marcus Browne, Thomas Wiliams Jr. Issac Chilemba et j’en passe. Pourquoi? L’expérience

Que vous le vouliez ou non? Partager le ring avec Carl Froch, Adrian Diaconu, Chad Dawson, Bernard Hopkins, Sergei Kovalev et Eleider Alvarez vous donnent un avantage au niveau de l’expérience que peu de boxeurs ont à l’heure actuelle et la compétitivité des duels, si on exclut Kovalev 2 et dans une certaine mesure le combat contre Alvarez témoigne du danger que Pascal peut rester dans un combat. Le style

On le sait, stylistiquement parlant, Jean Pascal est brouillon techniquement, et c’est son athlétisme qui compense largement pour les déficiences techniques. Beaucoup d’observateurs semblent voir notamment une dégradation de ses réflexes et de sa coordination notamment en raison des grandes bagarres à son palmarès. Je suggère une autre hypothèse, son inactivité, en raison de l’espace entre ses combats, il est également possible qu’un boxeur se fiant des habiletés nécessitant des réflexes de chat diminuent. En restant actif, il est très possible que Jean puisse retrouver une partie de son explosivité d’antan et de conserver sa coordination œil-main, ce qui le permettrait de redevenir plus imprévisible en action. La motivation

Certains boxeurs se battent pour l’argent, d’autres se battent pour le prestige. Et Jean a toujours cherché les combats significatifs. Bien sûr l’aspect monétaire est toujours impliqué. Toutefois, Jean lorsqu’il prend un combat, surtout à ce stade si de sa carrière, c’est pour mieux se positionner en vue d’un retour au sommet. Pourra-t-il le faire? C’est grandement hypothétique. Mais il y a des moyens de le faire tout en prouvant que ce n’est pas un boxeur de sous-carte. Les pistes pour faire fermer le clapet aux détracteurs

Il y a la possibilité en premier lieu de faire des fan-friendly fights face à des gars comme Joe Smith ou Thomas Williams. Ce sont des combats accessibles pour Jean qui travaille avec Al Haymon et qui sont très gagnables à l’heure actuelle tout en lui donnant une crédibilité dont il a besoin dans la division des 175 livres. Une autre possibilité est de se positionner pour remporter la ceinture WBA régulière à 175 livres. À l’heure actuelle, on présume que Dmitri Bivol va remporter la ceinture Super, et les autres aspirants dans le Top 5 seront surement occupés avec d’autres obligations sauf un, ce qui pourrait laisser le plaisir à Jean de le défier encore dans un combat à sa portée, soit Karo Murat. Déjà la, ce sont des options appétissantes pour un boxeur en mal de notoriété. Donc…

L’avenir n’est pas rose pour Jean, mais il n’est pas sombre non plus. Il est possible de faire d’excellentes bourses et d’ajouter des têtes à son tableau de chasse s’il joue ses cartes adéquatement et qu’il reste actif. Pour le moment, on ne peut que croiser les doigts. En attendant, on garde le punch.


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