Dave Castilloux : l’homme qu’on ne pouvait frapper...

Le 8 mars 1994, dans une résidence pour personnes âgées, décédait l’une des plus grandes idoles montréalaises de la boxe : Dave Castilloux. Ce Gaspésien était reconnu comme un pugiliste défensif et ses exploits ont fait de lui une vedette incontestée de la boxe. Donc né Gaspésien, mais grandi dans à Waterville dans le Maine, puis à Lowell dans le Massachusetts (patrie de Jack Kerouac). Castilloux est initié à la boxe par son cousin, Florian Levasseur. Ce nom vous dit quelque chose? Effectivement, ce Florian est déjà un pugiliste bien connu dans la catégorie des mi-lourds. À l’âge de 14 ans, Dave Castilloux connaît son baptême de l’arène. L’événement a lieu à Waterville. C’est le début d’une carrière prodigieuse. Dans la région de Holyoke et de Boston, Castilloux s’entraîne, y met tout son coeur et toute son âme. Un jour, un promoteur de Montréal décide de lui donner sa chance et l’invite à se battre dans sa province d’origine. Dave Castilloux a vingt ans. Son premier adversaire se nomme Frankie Matton. Cet ex-champion canadien des légers se dit sans doute que ce sera facile. Or, Castilloux lui assène, c’est le moins qu’on puisse dire, toute une leçon de boxe! Ensuite, c’est au tour de Henri Pilote de goûter à sa médecine. En tout, Dave Castilloux s’est mesuré à plus de 200 boxeurs. Parmi ceux-ci, mentionnons le redoutable Maxie Berger, champion canadien des mi-moyens jusqu’à ce qu’il rencontre Castilloux!

Vedette à Montréal par la force de ses poings. Vedette aussi à Toronto où il livre une quarantaine de combats. Là-bas, on le surnomme «Castilloux The Classic». Un soir, il se mesure à un Mexicain dénommé José Mendoza. Après le huitième ronde, Mendoza quitte l’arène! La peur? Non, plutôt la frustration d’être incapable de le cogner! «J’en ai assez de me faire cribler de coups par ce petit homme sans pouvoir en porter un seul moi-même!». Cette citation illustre bien le style de Dave Castilloux. C’était un intouchable. Par contre, il touchait… et fort! À 25 ans, il s’enrôle dans l’armée. Pendant trois ans, il enseigne l’éducation physique dans l’aviation canadienne. À son retour, il reprend sa carrière là où il l’avait laissé. Trois ans d’inactivité, c’est long dans le domaine de la boxe. En plus, il pèse 172 livres! Or, grâce à son expérience et à sa technique, il continuera à connaître beaucoup de succès.

Le 28 août 1946, dans un Forum de Montréal rempli à craquer, il affronte Johnny Greco, future idole des Montréalais. Les recettes pour ce combat ont atteint 50 000 $, un record à cette époque. Le duel est présenté comme une confrontation entre le vétéran (Castilloux) et le jeune (Greco), mais aussi comme un affrontement entre le boxeur (Castilloux) et le puncheur (Greco). C’est Johnny Greco qui remportera la victoire par décision unanime, en dix rondes. Ce combat très tactique a donné ses lettres de noblesse à la scène montréalaise de la boxe et à sa principale enceinte, le Forum de Montréal.

En janvier 1948, après avoir perdu son combat contre Gaby Ferland, il raccroche les gants. Quelques années plus tard, il remet à la Commission Athlétique de Montréal la ceinture qu’il a gagnée onze ans plus tôt en battant Maxie Berger. Dans ce Forum mythique, il n’y a pas que les fantômes des anciens Canadiens qui s’y baladent. Pugilistes et lutteurs se croisent et, à l’écart des Richard, Harvey, Morenz et autres glorieux, se battent entre eux pour s’amuser et se rappeler qu’ils faisaient eux aussi vibrer les murs de cette vénérable enceinte. L’un d’entre eux est sûrement Dave Castilloux!

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