Le dernier compte de 8 de Claude Bélanger

Son dernier compte de 8 : Par Carl Vaillancourt. Il y a cinq ans aujourd'hui, un illustre personnage du milieu de la boxe a décidé de rester au sol n'étant plus capable de se lever. Le 8 décembre 2012, Claude Bélanger, cet illustre entraîneur québécois de grands champions amateurs tels que Sébastien Gauthier et Didier Bence, s'est éteint à l'âge de 52 ans.

Tous les acteurs du milieu de la boxe qui le connaissaient; le considéraient comme un véritable clown. Claude Bélanger a vu autant de combats au fil de ses années comme entraîneur que comme clowns. C'est du moins les premiers souvenirs qui ont marqué son boxeur, mais grand ami, Sébastien Gauthier.

" Claude c'était toujours un show d'humour en sa compagnie. Le nombre de fois qu'il faisait un spectacle dans un resto ou à l'hôtel, c'était un vrai clown", s'est rappelé Sébastien lui qui a été entraîné pendant plus de 10 ans par le Montréalais. La simulation des chicanes de couple au restaurant, les simulations d'infidélités avec un autre homme, rien ne l'arrêtait pour faire rire l'audience, c'est du moins ce que ce souvient Sébastien Gauthier. Un autre boxeur qui a été proche de Claude, qui le considère même comme un deuxième père, Simon Lavie, se souvient de tous les conseils prodigués par son coach.

" Tout ce que je sais dans la boxe, c'est Claude qui me l'a enseigné. C'était bien plus qu'un coach pour moi", a avoué Simon Lavie en entrevue avec Boxingtown Québec. Une vie difficile En plus d'une incarcération étant plus jeune, Claude Bélanger a vu la vie s'acharner sur lui au début des années 2000. Entraîneur de l'un des plus gros gymnases de Montréal à l'époque, il a accueilli un jeune homme qui se trouvait à être un véritable diamant brut. Nicolas Boissonneault était un boxeur prometteur, mais sa réalité à l'extérieur du gymnase était houleuse. Ce dernier a habité chez son entraîneur et grandi avec la fille de son entraîneur, Mélissa. " Si tu penses que moi ou Didier Bence avait du succès, Nicolas Boissonneault avait tout pour connaître encore plus de succès", a-t-il raconté lors d'une entrevue téléphonique vendredi. En 2000, les malheurs de Claude Bélanger ne font que commencer. En plein processus de divorce avec sa femme de l'époque, l'entraîneur voit celui qu'il considérait comme son fils être tué sauvagement. Une journée comme les autres, Nicolas Boissonneault traînait avec un ami au restaurant La Belle province situé aux coins des rues Ste-Catherine et St-Laurent. Un hot-dog dans la main, il sort de l'établissement et reçoit un coup à la tête. Il s'échoue au sol, puis cogne sa boîte cranienne sur le trottoir. Il ne survivra pas à l'attaque. L'ami du défunt se serait moqué d'une prostituée en sortant quelques secondes avant Nicolas Boissonneault, ce serait alors le proxénète de cette femme de joie qui aurait poussé le "fils" de Claude. Impossible de déterminer si cet agresseur aurait été arrêté par les policiers et jugé pour ces gestes, mais le résultat resta le même, une tragédie pour Claude Bélanger. Au fil des années, les dépressions ont eu raison de l'homme âgé de 52 ans. Le 8 décembre 2012, l'ancien boxeur qui aurait côtoyé des légendes de l'époque comme Michael Spinks, Muhammad Ali et des centaines d'autres lors de ses séjours de plusieurs années dans les régions de New-York et Miami, ne s'est jamais relevé de son compte de 8. Souvenir de l'auteur : En 2006, je n'avais jamais rencontré Claude Bélanger. Je suis avec l'équipe du Québec à Ste. Catherines en banlieue de Niagara Falls, où se tient les Championnats canadiens de boxe amateur juvénile, junior et sénior. Quelques minutes avant mon combat de demi-finale face au représentant de la Colombie-Britannique, je suis anxieux. Jamais je n'avais vécu un tel stress pour le sport. C'est à ce moment que Claude Bélanger m'a vu. Il s'est avancé vers moi avec son sourire en coin. Il m'a lancé ses mots, qui 11 ans plus tard, sont toujours gravés dans ma mémoire.

"Hey le jeune! Va dont là pour t'amuser, have fun! C'est un combat comme les autres", m'avait-il dit. Après un premier round serré qui s'était soldé par la marque de 4-4. J'avais un adversaire avec 7 pouces de plus que moi mesurant environ 5 pieds 10 pouces. Arrivé dans mon coin, je suis sur l'adrénaline. Claude accompagnait mon coach dans le coin, il me dit : " Reste proche, coupe lui les jambes en frappant au corps. Il est grand, mais toi tu es plus fort", avait-il lancé. Des paroles qui m'avaient galvanisé pour le deuxième. À mi-chemin de ce deuxième assaut, mon adversaire saignait du nez. Après l'essui du sang, je suis reparti à la charge. Quelques instants avant la fin de l'engagement, un son retenti. C'était le sifflet qui signifiait un différentiel de 15 points en ma faveur. Je ne croyais pas ce qu'il se passait. Ma seule et unique victoire par arrêt de l'arbitre en pas moins de 70 combats amateurs. En plus de cette victoire, le représentant de Boxe Canada m'a remis de gants dorés pour le titre de meilleur boxeur de la soirée. Un gant toujours accroché au-dessus de mon lit et ce, 11 ans plus tard.

En mon nom et celui des centaines de personnes du milieu de la boxe qui ont la chance de te connaître : Merci Claude!

#ClaudeBelanger #DidierBence #SébastienGauthier #SimonLavie

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