Monsieur KO : Robert Cléroux

Par Patrice Saucier

C’était en 2009. La chaîne Historia procédait au lancement, depuis l’un des resto du casino de Montréal, de cette magnifique série documentaire en trois épisodes sur l’histoire de la boxe au Québec.

Des légendes du pugilat avait été invités et traités aux petits oignons par le vice-président de la programmation d’Historia, Fabrice Brasier, lui-même grand amateur de boxe. Fernand Marcotte, Gaetan Hart (d’une gentillesse incommensurable), Régis Lévesque et plusieurs autres se racontaient de belles histoires passées sur le ring, alors que Jean Pascal (arrivé en retard), se tenait loin.

Il y avait dans ce lot un être qui m’impressionnait par sa carrure. Je me disais que je voudrais être aussi agile que lui lorsque je serai vieux (et aussi en forme que Fernand Marcotte!) : Robert Cléroux. En 2009, je ne connaissais pas grand chose sur l’histoire de la boxe. Pour être honnête, mon intérêt pour ce sport débuta vraiment en visionnant les trois épisodes de la série, et ce, dans le but de préparer le communiqué de presse! En visionnant l’extrait le concernant, j’ai été immédiatement conquis par cet homme qui n’a jamais connu la défaite par KO au cours de sa carrière. Originaire de l’Abord-à-Plouffe, Robert Cléroux a d’abord fait sa marque dans le hockey. Costaud comme il était, je suis sûr qu’il terrorisait ses adversaires ! Il a délaissé le hockey pour tenter sa chance dans la boxe! A-t-il eu raison? La réponse est oui, sans aucun doute. Bien entendu, il avait, si l’on peut dire, le physique de l’emploi pour monter dans le ring. Or, et ça, tout ceux qui s’entraînent le reconnaissent, il faut aussi apprivoiser la technique… Cléroux mit tout son coeur dans ce nouveau sport et connût instantanément du succès en montant dans l’arène.

À 18 ans, il connaît une carrière remarquable chez les amateurs en remportant ses 38 combats, dont 30 par KO. Le 18 juin 1957, à l’âge de 19 ans, Cléroux est catapulté chez les pros. À 6’1’’, notre homme avait le gabarit pour faire sa marque. Roy Harris, Cleveland Williams, Mickey Carter, Pat McCurthy et plusieurs autres pugilistes de renom ont goûté à la médecine de cheval Cleroux! En tout, 48 victoires, dont 38 par KO, 1 combat nul et 6 défaites. Un talent naturel, pour citer Jean-Paul Chartrand Sr. Un menton de granite aussi conjugué à une force de frappe sans pareil, si on se fie toujours aux dires de ce cher M. Chartrand. En 1960, il est le premier québécois a être couronné champion canadien des poids lourds. Sa victime était nul autre que le grand George Chuvalo.

Au cours de son fructueux séjour chez les pros, on se souvient de ses trois combats contre le Torontois George Chuvalo. Il s’agit là en effet d’un autre épisode palpitant de l’histoire de la boxe canadienne. Notre «boeuf de Chomedey», comme on se plaisait à le surnommer, ne perdit qu’un seul des trois combats contre Chuvalo. Sa carrière professionnelle connut une première fin en 1963. Au centre Paul-Sauvé, il perdit contre Zora Foley, par décision aux points.

En 1968 toutefois, le boeuf de Chomedey n’avait pas donné son dernier jab… Le voilà de retour dans l’arène et remporte neuf victoires d’affilé! Le 31 juillet 1969, suite à une défaite contre Billy Joyner, défaite qui le priva d’un combat pour un titre mondial, Cléroux accrocha définitivement ses gants. Un projet d’affrontement contre Archie Moore a été dans l’air pendant un certain temps. Or, il faut annulé parce que Moore était soit disant déçu de l’absence d’une garantie monétaire suffisante…

À moins que l’idée d’affronter un géant au menton de granite lui faisait un peu peur! 

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