Johnny Greco et Laurent Dauthuille : deux idoles montréalaises, deux destins tragiques

Par Patrice Saucier Ils s’appelaient Johnny Greco et Laurent Dauthuille. Ils ont marqué l’histoire de la boxe à Montréal. Ils y ont connu la gloire et les victoires. Ils se sont même battu l’un contre l’autre. Ils ont hélas connu un destin tragique, parfois comme seul l’histoire du sport sait les créer. Laurent Dauthuille : le Français canadien...

Nous sommes en 1946. La carrière de Laurent Dauthuille bat de l’aile en France. Après avoir connu des victoires convaincantes, il encaisse défaite par-dessus défaite. Pendant deux ans, Dauthuille n’est plus que l’ombre d’un grand boxeur. Une solution s’impose alors. Mais quoi? La retraite? Non! L’Amérique? Oui!!!! Un pari audacieux si l’en est un. Et si ça ne marchait pas? Le 6 décembre 1848, au Forum de Montréal (un lieu mythique de la boxe et de la lutte, autant que du hockey, doit-on le préciser), devant 6 000 personnes, le boxeur de 24 ans, qui compte à sa fiche 50 knockouts sur 93 combats, bat l’Ontarien Pete Zaduk par décision unanime. Dauthuille prend un nouvel envol. Les coups pleuvent, les victoires aussi! En août 1949, il affronte Johnny Greco, un héros local, au stade Delorimier, théâtre de grandes manifestations sportives à Montréal, notamment les matchs des Royaux. Même s’il pleut, les amateurs se rendent en masse pour ce premier combat en plein air. Mais il ne peut y avoir deux rois de la boxe dans la métropole. Dauthuille détrône Greco. Le succès de Dauthuille prend beaucoup d’ampleur et la France recommence à s’intéresser à son champion. Les vieux pays retiennent leur souffle alors que leur champion va affronter Jake LaMotta pour le titre des poids moyens. Le combat aura lieu le 13 septembre 1950 à Détroit. Il constitue dans les annales des la boxe comme l’un des combats les plus dramatiques de l’histoire. Dauthille se bat comme un champion et mène largement aux points face à un LaMotta dépassé par les événements. Soudain, le drame! LaMotta connaît un regain d‘énergie et mène une charge du désespoir et fait voir les étoiles à Dauthuille quelques secondes à peine avant la fin du 15e round. Le françcais perd sa chance de devenir champion du monde… Par la suite, il aurait pu affronter Sugar Ray Robinson, alors champion des poids moyens. Ce dernier est d’ailleurs à Paris et mène une vie de bombance. Or, le gérant de Dauthuille lui organise d’autres combats. Dauthuille aurait pu profiter de l’état de Robinson pour lui ravir sa ceinture. C’est un Britannique qui le fera à sa place… Très mauvais calcul, M. le gérant! Giuseppe Antonio Giovanni Greco : idole d’une petite Italie et d’un grand Montréal

Johnny Greco a commencé à boxer à l’âge de 13 ans. C’est papa Greco, grand amateur de boxe, qui est fier! Dans la cour de la maison familiale, le jeune Giuseppe s’entraînait et démontrait beaucoup de talent. Chez les amateurs, il obtient de très bons résultats et remporte le championnat canadien des poids légers. Le 7 janvier 1940, il signe sa licence de professionnel. En 1942, il perd son premier combat à New York contre Herb Kantrowitz. Heureusement, notre champion ne se décourage pas, signe psychologique évident de détermination et de volonté, selon moi. En effet, il remporte ses 13 prochains combats, la plupart par knockout. C’est le début de la gloire… mais la guerre vient quelque peu brouiller les cartes! Johnny met brièvement un terme à sa carrière pour servir dans l’armée. Lorsqu’il remonte dans le ring, c’est le succès instantané : Johnny Greco de Montréal devient l’une des stars incontestés du pugilat au Madison Square Garden ainsi qu’au Forum de Montréal. Le 28 août 1946, au Forum, il fait subir à Dave Castilloux une défaite par décision et lui ravit sa ceinture de champion canadien des mi-moyens. Il conservera son titre jusqu’au 7 juillet 1952, alors qu’Armand Savoie, le boxeur-débardeur de Montréal, le bat. C’est à cette époque que Greco rencontrera Laurent Dauthuille sur l’arène. En 1949, comme je le mentionnais plus haut, les deux héros de Montréal s’affronte dans un stade Delorimier rempli à craquer. Un combat historique s’il en est un! Même si Greco perd ce soir-là, il demeurera une idole dans le coeur des Montréalais. Soudain, la fin Le 12 décembre 1954, Johnny Greco est âgé de 31 ans. Il ne boxe plus. Il se rendait à une fête de charité organisée pour les enfants pauvres. Il est encore le héros des Montréalais, mais plus pour très longtemps. Il ne se rendra jamais à la fête. Greco meurt subitement à Westmount, alors que sa voiture percute un arbre. Avoir su, Dauthille aurait peut-être voulu mourir en pleine gloire. Il ne s’est jamais remis de sa défaite contre Jake LaMotta. Ce qui l’attend en France : une carrière en déclin, des petits rôles de matamore au cinéma, un divorce retentissant, l’alcoolisme… Il meurt dans l’indigence et presque l’indifférence la plus totale.

P.S. : Johnny Greco est bien malgré lui la star d‘une photo de boxe devenue célèbre. On le voit étendu sur le sol devant un Rocky Graziano victorieux… C‘est d‘ailleurs l‘un des plus beaux clichés de la boxe.!!! _Sources : Wikipedia, Le Mémorial du Québec tome VI_ 

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