Donato Paduano : L'ange du ring

Les informations contenues dans l’ouvrage Les Seigneurs du Ring ont grandement aidées à la rédaction de ce blogue !

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C’est en 1967, année d’effervescences relatives à l’Exposition Universelle de Montréal, que l’on commença à entendre parler de Donato Paduano, un boxeur italien qui faisait carrière comme boxeur amateur au Québec; il boxait depuis l’âge de 13 ans et en ce temps, il gagnait tout ce qu’il y avait de tournois et gants dorés aussi bien au Québec qu’au Canada. En 1968, il devint professionnel et confia sa carrière à Roger Larivée, le manager de Dave Hilton père, celui qui avait un gymnase, le Club Olympique, sur la rue St-Laurent à Montréal.

Le coloré promoteur Régis Lévesque, un vrai de vrai, eut alors l’idée de convaincre Robert Cléroux, un ancien solide poids lourd, d’un retour dans le ring, ceci malgré ses 6 ans d’absence du ring(sic) et d’associer son nom, jadis prestigieux, à celui, débutant de Donato Paduano. Il avait de ces idées qui ressemblaient à des gageures.

Ce n’était quand même pas évident de proposer sur la même carte, 2 boxeurs plus différents : l’un, un dur cogneur, pas trop stylé ou artisan du jab et qui était devenu avec l’âge, un peu lent puis l’autre boxeur tout en style, un artiste du jab, ce qui faisait un peu nouvelle boxe à l’époque. Le coup de poker de Régis était d’utiliser d’anciennes gloires locales (Cléroux, Armando, Lachapelle, Gendron, Millette) pour attirer des spectateurs pour un Donato. Ce qui n’était effectivement pas très spectaculaire mais qui s’avèrera efficace.

On fit débuter ces combats en province et l’on opposa Cléroux à des boxeurs de second plan. Les k.o enregistrés par le poids lourd et les victoires de Donato (3) gonflèrent leur popularité respective et bientôt, ils étaient en demande à Montréal. Cléroux demeurait l’enfant chéri des Québécois et Paduano, pour sa part, démontrait plein de talent : jab d’exception, vitesse d’exécution et solide mâchoire, il ne lui manquait que la force de frappe mais Régis jonglait sur Cléroux et Gérald Ratté pour compenser, parce eux, ils en avaient à revendre !

Cléroux démontra que son retour n’était pas une fiction en disposant en octobre 1968, au Centre Paul Sauvé, de Jean-Claude Roy (vainqueur d’Yvon Durelle); Roy y fit alors connaissance avec le tapis, ceci pour la 1ère fois en carrière. Lors de son combat suivant (21/11/68), le bœuf de Chomedey, tel était le surnom de Robert, triompha du dangereux et réputé Cleveland Williams; pour sa part, l’Ange du Ring tailla en pièces le libanais Al Bashir et impressionna le public par son évident talent. La manœuvre du beau Régis Lévesque fonctionnait plein régime : les montréalais avaient 2 idoles pour le prix d’une.

En sous-carte de Cléroux, Paduano accumulait les succès; cependant, en juillet 1969, le solide Robert Cléroux rencontra son homme en la personne de Bill Joiner, un boxeur de haut calibre qui avait réussi à faire plier les genoux à Sonny Liston, champion international poids lourds de l’époque.

Paduano, pour sa part, continua sa glorieuse carrière en stoppant, en octobre 1969, ceci grâce encore à son magnifique jab, le dur cogneur torontois Colin Fraser : cette victoire était une fleur au cœur des Québécois.

Paduano eut alors l’idée d’une spectaculaire manœuvre soit d’aller défier Joey Durelle, le cousin d’Yvon, ce qui ferait de grandes affiches avec des noms payants. Le 9 décembre 1969, il s’empara à ses dépens du titre de Champion canadien des mi-moyens. Il lui accorda une revanche et de nouveau, son style tout en finesse surclassa la robustesse et la hargne de Durelle. Ce furent quand même de fabuleux combats qui font histoire : personnellement, j’ai toujours en haute estime le clan Durelle.

Donato avait alors atteint assez de notoriété pour combattre au célèbre Madison Square Garden de New-York, la Mecque de la boxe. Il était à son apogée. Il y battit tour à tour Pablo Lopez et Pat Murphy. Mais ce fut son brillant combat contre Marcel Cerdan jr qui retint l’attention, le 11 mai 1970 : à cette époque, Paduano était classé 3ième au monde. Au cours de cette bataille, il démontra tout son cœur. Il eut les arcades fendues et malgré qu’il rencontrât des difficultés de toutes sortes, Paduano remporta une décision dont l’ampleur se fit sentir au Québec.

L’Ange du Ring était maintenant prêt aux durs combats qui devaient l’opposer à Fernand Marcotte, Reynald Cantin et Jean-Claude Leclair, les meilleurs boxeurs du Canada, des combats dont on parle encore de nos jours !

Auparavant, Paduano encaissa une défaite à New-York (08/12/70) face au Champion Mondial des poids légers Ken Buchanan; il dut même céder son titre Canadien face au fameux Clyde Gray. Sur la scène internationale, au cours de sa carrière, Donato livra aussi des batailles à des légendes comme Luis Rodriguez et Emile Griffith . Le 7 juin 1973 à Sydney, Australie, il s’inclina aussi face au super-welter de l’Empire britannique, l’Australien Charlie Ramon.

Toutefois, ce que l’on se souvient le plus, ce sont ses affrontements locaux en commençant par ceux avec Marcotte : Fernand se sentait négligé par les spectateurs de l’attention que recevait Donato et il voulait montrer qui régnait au Québec.

En 1971, le fier Marcotte l’expédia au plancher dès le 1er round : l’Ange du ring se releva avec la rage au cœur et soutira un questionnable match nul. Le 15 février 1972, ce fut la revanche et Paduano disposa finalement de Marcotte par une décision serrée, ceci malgré le fait que Fernand l’avait de nouveau envoyé au tapis. Ceci démontrait à nouveau le cœur au ventre que pouvait avoir Paduano ainsi que la force de frappe de Marcotte : ces deuz affrontements sont demeurés mémorables et épiques.

Reynald Cantin, que dirigeait alors Georges Drouin, lui fut alors opposé; ce furent de magnifiques batailles faites d’esquives et de vitesse et l’excellent Cantin s’empara du 1er engagement en 10 rounds. Le 24 août 1972, Donato prit une revanche éclatante contre Cantin; dans cette foulée, il disposa aussi du jeune Québécois Claude Gauthier et du rude Montréalais Marc Gervais.

Le 9 septembre 1974, Paduano affronta le brillant jeune espoir local, le puissant Jean-Claude Leclair; Paduano profita de sa vitesse et de son exécution pour en faire voir de toutes les couleurs à Leclair, qui fût coupé aux yeux de sorte que l’on stoppa le combat au 7ième round.

Après une dure rencontre contre le maître Emile Griffith, plusieurs fois ex-titulaire mondial, rencontre au cours de laquelle il reçut à son tour, une magistrale leçon de boxe du monarque, Paduano ne livra plus que des combats d’une façon sporadique et se retira pour de bon après une dernière défaite en 1980.

Avouons qu’il a connu une carrière (41-8-1) que peu de boxeurs du Québec de cette époque pourrait revendiquer : il s’est retiré avec la coquette somme d’un quart de million qui n’a pas servi à enrichir ses vieux jours.

Merci de votre lecture ! ! !

#DonatoPaduano

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